Sénégal : Le FMI dévoile une dette cachée de 35 milliards FCFA de l’ère Macky Sall

Au Sénégal, une dette de l'Etat à hauteur de 7 milliards de dollars a dissimulée sous Macky Sall ? Une mission du Fonds monétaire international (FMI) qui séjourne dans le pays depuis lundi 24 mars 2025 en a fait cas.

« Il y a eu une décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette » a indiqué Eddy Gemayel à la tête de la délégation, rapporté par RFI.

Cette dette « cachée » correspond à la période située entre 2019 et 2024. La conclusion du FMI vient ainsi confirmer celles de la Cour des comptes publiées dans son rapport de février 2025.

La dette publique sénégalaise, annoncée à 70 % du PIB sous Macky Sall, atteindrait en réalité 100 % du PIB, selon les calculs de la Cour des comptes. « Cette sous-estimation a permis aux autorités de s’endetter davantage sur les marchés, en donnant un signal positif aux investisseurs et en bénéficiant de taux d’intérêt plus bas », explique Gemayel. Une stratégie qui a masqué la vulnérabilité financière du pays.

Ce déficit a déjà des conséquences sur le pays. Le programme d’aide du FMI au Sénégal, d’un montant de 1,8 milliard d’euros, est suspendu depuis septembre 2024, après la découverte des anomalies. Les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s ont dégradé la note souveraine du pays, avec une « perspective négative ».

Pour relancer les financements, le FMI exige des mesures correctives. Il demande aux autorités sénégalaises de centraliser la gestion de la dette via un compte unique du Trésor public et de clarifier les mécanismes de dissimulation et adopter des contrôles renforcés.

Dans les semaines à venir, l’institution va décider soit d’accorder une dérogation, soit d’exiger le remboursement des fonds déjà prêtés avant d’envisager un nouveau programme.

Le président Bassirou Diomaye Faye, élu en 2024 sur la base un programme de rupture, doit composer avec un État aux marges de manœuvre budgétaires quasi inexistantes. Son gouvernement a annoncé des licenciements dans la fonction publique et des coupes dans le train de vie de l’État, mesures saluées par le FMI comme « allant dans le bon sens ».

« L’objectif est d’arriver à un nouveau programme le plus tôt possible », insiste Gemayel, tout en soulignant la nécessité d’attirer des investissements privés pour relancer l’économie

25. mars 2025 - 11:56

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